Switzerland — Algeria
BC Place, Vancouver. Huitièmes de finale. Suisse – Algérie, 2-0. Le score semble convaincant, mais voici le premier paradoxe de cette soirée : l'Algérie a eu plus de possession de balle tout au long de la première mi-temps – 59 contre 41 pour cent – et a terminé le match avec une précision de passe de 85 %. De beaux chiffres. Mais l'xG dit une vérité dure : Suisse – 2.52, Algérie – 0.73. Ce n'est pas une victoire accidentelle. C'est un diagnostic.
La Suisse a frappé vite et avec une précision chirurgicale. À la 10e minute, Breel Embolo a ouvert le score – et le match a immédiatement suivi le scénario suisse. Embolo, c'est la puissance et la simplicité en un seul joueur, il ne joue pas à cache-cache avec les défenseurs, il les écrase. Les Suisses se sont intelligemment réorganisés : ils ont laissé le ballon à l'Algérie, se sont mis en bloc et ont attendu le moment pour contre-attaquer. Une tactique efficace, mais qui a montré des failles : une grande occasion sur deux n'a pas été concrétisée, et à un moment donné, cela aurait pu coûter cher.
La star de la soirée a été Johan Manzambi – note de 8.19, le meilleur sur le terrain. Jeune, explosif, il a constamment trouvé de l'espace derrière les défenseurs algériens. C'est dans ces épisodes que la Suisse a créé ses actions les plus dangereuses. Dan Ndoye a ajouté un deuxième but littéralement à la première seconde de la seconde mi-temps – 46e minute – et a ainsi fermé la porte avant que l'Algérie n'ait eu le temps de l'entrouvrir.
L'Algérie, c'est une histoire de douleur à part entière. 55 % de possession, 85 % de précision de passe – et 0.73 xG. Voilà la tragédie : le ballon était là, la création non. Leur seule grande occasion, ils ne l'ont pas utilisée. Riyad Mahrez – un nom qui devrait effrayer les adversaires – a été isolé par la discipline suisse et est entré en jeu à la 71e minute, sans jamais réussir à changer le cours du match. Les Algériens ont trop fait circuler le ballon latéralement et trop peu cherché la verticalité. Les remplacements de l'entraîneur aux 58e-59e minutes semblaient être une tentative de secouer l'équipe, mais n'ont pas résolu le problème structurel.
Deux cartons jaunes – Farès Chaïbi à la 36e et Hicham Boudaoui à la 72e – ont suffi à ajouter de la nervosité au jeu algérien, mais pas à changer quoi que ce soit.
Le résultat est juste : le score correspond à l'xG, la Suisse a mérité sa victoire. La machine suisse continue son chemin en Coupe du Monde – et sur FootLegion, personne ne vous enlèvera les buts de votre pays.
Et maintenant, dans les commentaires : l'Algérie était-elle capable de faire plus, ou l'impuissance structurelle en finition est-elle leur problème systémique ? Et deuxième question : Manzambi ou Ndoye – qui est le plus dangereux pour le prochain adversaire de la Suisse ?